{"id":4163,"date":"2016-01-12T13:07:30","date_gmt":"2016-01-12T13:07:30","guid":{"rendered":"http:\/\/capethemes.com\/demo\/styleblog\/?p=4163"},"modified":"2025-10-21T18:52:18","modified_gmt":"2025-10-21T22:52:18","slug":"vimeo-video-white-bedroom-marvelous-designer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/vimeo-video-white-bedroom-marvelous-designer\/","title":{"rendered":"Un clin d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019histoire de la monnaie en Afrique de l\u2019Ouest"},"content":{"rendered":"<p>Bien que le troc soit reconnu comme la forme d\u2019\u00e9change la plus ancienne et la plus r\u00e9pandue dans le monde, il semble qu\u2019il n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 aussi largement pratiqu\u00e9 qu\u2019on le pense en Afrique de l\u2019Ouest. En r\u00e9alit\u00e9, plusieurs modes d\u2019\u00e9change ont exist\u00e9 depuis l\u2019\u00e9poque pr\u00e9coloniale jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus qu\u2019un simple moyen d\u2019\u00e9change, la monnaie est avant tout un bien culturel. \u00ab La monnaie est tout objet que les participants \u00e0 un \u00e9change acceptent d\u2019utiliser pour estimer, donner ou recevoir en paiement. La monnaie est aussi ce que l\u2019\u00e9ducation apprend \u00e0 reconna\u00eetre comme telle. Elle est le r\u00e9sultat d\u2019un accord de volont\u00e9 (entre les partenaires), mais aussi le fruit d\u2019un consensus social intra- ou intercommunautaire \u00bb, estime Pierre Edoumba.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le sp\u00e9cialiste des humanit\u00e9s africaines classiques, Jean-Philippe Omotunde, le premier \u00e9talon mon\u00e9taire de l\u2019histoire humaine s\u2019appelle le \u00ab Sh\u00e2ty \u00bb et provient de l\u2019\u00c9gypte ancienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile d\u2019\u00e9tablir un ordre chronologique d\u2019apparition et d\u2019usage des monnaies en Afrique. On a souvent observ\u00e9 une utilisation concomitante de plusieurs types de monnaies, selon le contexte, la situation \u00e9conomique et les coutumes. Les monnaies \u00e9taient compos\u00e9es d\u2019objets disparates qui jouaient de multiples r\u00f4les dans la soci\u00e9t\u00e9.\n\u00ab Comme les objets sont polyvalents, on peut donc les consid\u00e9rer de plusieurs mani\u00e8res et int\u00e9grer un m\u00eame objet dans diff\u00e9rents contextes : religieux, politique, \u00e9conomique ou commercial, social et esth\u00e9tique \u00bb, souligne Anne Vanderstraete.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Coquillages :<\/strong><br>Sous diverses formes, les coquillages ont \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9s comme moyen d\u2019\u00e9change. Les plus connus sont les cauris (Cypraea moneta), originaires de l\u2019oc\u00e9an Indien. Le grand voyageur Ibn Battuta les utilisa au XIV\u1d49 si\u00e8cle \u00e0 Gao (Mali). Leur usage est \u00e9galement attest\u00e9 au XVe si\u00e8cle dans le royaume Abron de Gyaman (C\u00f4te d\u2019Ivoire).\nPlus tard, au XVII\u1d49 si\u00e8cle, les N\u00e9erlandais les utilis\u00e8rent largement dans leur commerce sur les c\u00f4tes ouest-africaines, un moyen d\u2019\u00e9change qui dura plus de trois si\u00e8cles. M\u00eame aujourd\u2019hui, la monnaie utilis\u00e9e au Ghana s\u2019appelle cedi, ce qui signifie \u00ab cauris \u00bb. De plus, le logo de la Banque Malienne de D\u00e9veloppement repr\u00e9sente un cauri.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"627\" height=\"425\" src=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/cauris-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6983\" style=\"width:840px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/cauris-1.jpeg 627w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/cauris-1-300x203.jpeg 300w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/cauris-1-458x310.jpeg 458w\" sizes=\"(max-width: 627px) 100vw, 627px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" id=\"caption-attachment-5445\"><strong>Cowrie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Perles :&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des perles de diverses natures et formes ont servi de monnaie, principalement entre commer\u00e7ants arabes et europ\u00e9ens et les Africains. Introduites en 1520, elles ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es jusqu\u2019aux XIX\u1d49 et XX\u1d49 si\u00e8cles. En raison de leur grande diversit\u00e9, certaines vari\u00e9t\u00e9s \u00e9taient plus pris\u00e9es que d\u2019autres, selon le lieu et le contexte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M\u00e9taux :<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs m\u00e9taux, souvent transform\u00e9s en divers objets, ont servi de moyens d\u2019\u00e9change. Tout d\u2019abord, le fer, transform\u00e9 en bracelets appel\u00e9s \u00ab cha\u00eenes \u00bb, retrouv\u00e9s en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au Nigeria, servait de monnaie tant entre Europ\u00e9ens et Africains qu\u2019entre Africains eux-m\u00eames. Il en est de m\u00eame pour le \u00ab guinz\u00e9 \u00bb, des barres de fer d\u2019environ 30 cm, utilis\u00e9es comme monnaie en Guin\u00e9e, en Sierra Leone et au Liberia.\nOn peut y ajouter les pi\u00e8ces c\u00e9r\u00e9monielles en forme de houe ou de couteau du Nigeria.\nOutre le fer, les alliages de cuivre ont occup\u00e9 une place importante. Employ\u00e9s principalement dans les r\u00e9gions de Bondoukou, Nassian et Kong (C\u00f4te d\u2019Ivoire), ils \u00e9taient \u00e9galement utilis\u00e9s dans le pays Akan au Ghana.\nL\u2019or n\u2019est pas en reste, puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 comme monnaie par les populations de C\u00f4te d\u2019Ivoire, Ghana, Burkina Faso, ainsi que par les marchands de certaines localit\u00e9s de la vall\u00e9e du Niger. \u00c0 ce propos, les poids en or des Akan, en laiton ou bronze, servaient \u00e0 peser la poudre d\u2019or :\n1 once d\u2019or sur la c\u00f4te = 16 000 cauris\n1 once d\u2019or au Niger = 20 000 cauris<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Textiles<\/strong>:<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le XI\u1d49 si\u00e8cle, l\u2019usage des textiles comme monnaie est document\u00e9 dans le Soudan occidental par le voyageur Al Bakri. Comme lui, Ibn Battuta souligna au XIV\u1d49 si\u00e8cle que la nourriture s\u2019\u00e9changeait contre du tissu. Ces derniers \u00e9taient parfois teints \u00e0 l\u2019indigo.\n\u00c0 partir du XVe si\u00e8cle, les Europ\u00e9ens commenc\u00e8rent \u00e0 utiliser des cotons appel\u00e9s pagnes de Guin\u00e9e, des tissus bruts et indigo, dans leur commerce sur les c\u00f4tes ouest-africaines, un usage qui dura jusqu\u2019au XIX\u1d49 si\u00e8cle. Initialement import\u00e9s d\u2019Afrique du Nord, ces tissus provenaient \u00e9galement de l\u2019Inde et m\u00eame de l\u2019Europe.\nL\u2019unit\u00e9 de mesure principale \u00e9tait le cubit (longueur de la main et de l\u2019avant-bras).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sel :&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le sel fut autrefois une denr\u00e9e rare. Or, tout le monde sait qu\u2019il est essentiel au bon fonctionnement de l\u2019organisme humain. \u00ab Il est donc devenu une denr\u00e9e privil\u00e9gi\u00e9e et, au fil des si\u00e8cles, un \u00e9talon de valeur, un \u00e9l\u00e9ment de richesse et un moyen d\u2019\u00e9change \u00bb, affirme Anne Vanderstraete.\nEn Mauritanie et au Mali, la valeur du sel \u00e9quivalait \u00e0 celle de l\u2019or en poudre. Toujours selon Anne Vanderstraete, \u00ab \u00c0 la fin du Xe si\u00e8cle, les entrep\u00f4ts du souverain de Gao contenaient des quantit\u00e9s de sel ; celui-ci sera utilis\u00e9 comme monnaie quelques d\u00e9cennies plus tard. Cet usage s\u2019est ensuite \u00e9tendu au Ghana, au S\u00e9n\u00e9gal, au Niger, \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Ivoire, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Monnaie frapp\u00e9e :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/piece-de-monnaie-1-1000x1024-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6984\" srcset=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/piece-de-monnaie-1-1000x1024-1.jpeg 1000w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/piece-de-monnaie-1-1000x1024-1-293x300.jpeg 293w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/piece-de-monnaie-1-1000x1024-1-768x786.jpeg 768w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/piece-de-monnaie-1-1000x1024-1-458x469.jpeg 458w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" id=\"caption-attachment-5447\"><strong>50 CFA francs coin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La monnaie frapp\u00e9e appara\u00eet avec l\u2019\u00e8re coloniale. La premi\u00e8re voit le jour en 1825 dans la colonie du S\u00e9n\u00e9gal sous le r\u00e8gne de Charles X. La monnaie m\u00e9tropolitaine est utilis\u00e9e jusqu\u2019en 1945, date de la cr\u00e9ation du franc CFA (Colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique).\nAdministr\u00e9 par la Banque Centrale des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (BCEAO), il est d\u00e9valu\u00e9 de 50 % par rapport au franc fran\u00e7ais en 1994 (100 F CFA = 1 franc fran\u00e7ais). Aujourd\u2019hui, il est arrim\u00e9 \u00e0 l\u2019euro (655,96 F CFA = 1 euro).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"543\" src=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC01332-1-1536x815-1-1024x543.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6985\" srcset=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC01332-1-1536x815-1-1024x543.jpeg 1024w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC01332-1-1536x815-1-300x159.jpeg 300w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC01332-1-1536x815-1-768x408.jpeg 768w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC01332-1-1536x815-1-458x243.jpeg 458w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC01332-1-1536x815-1.jpeg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" id=\"caption-attachment-5449\"><strong>Billet de 1000 francs CFA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le franc CFA est contest\u00e9 depuis un certain temps par certains activistes africains, qui y voient une perp\u00e9tuation de la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"tmnf_excerpt clearfix\"><p>Bien que le troc soit reconnu comme la forme d\u2019\u00e9change la plus ancienne et la plus r\u00e9pandue dans le monde, il semble qu\u2019il n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 aussi largement pratiqu\u00e9 qu\u2019on le pense en Afrique de l\u2019Ouest. 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