{"id":1292,"date":"2017-02-13T18:05:52","date_gmt":"2017-02-13T18:05:52","guid":{"rendered":"http:\/\/wpdemo.themnific.com\/pre\/08\/?p=4"},"modified":"2025-10-21T18:47:24","modified_gmt":"2025-10-21T22:47:24","slug":"explore-the-2016-best-national-locations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/explore-the-2016-best-national-locations\/","title":{"rendered":"Le peuple Dogon\u202f: une histoire m\u00e9connue"},"content":{"rendered":"<p>Situ\u00e9 \u00e0 800 km au nord-est de Bamako, la capitale du Mali, \u00e0 120 km de Mopti et \u00e0 45 km de Bandiagara, le pays dogon couvre une superficie de 48 374 km\u00b2.<\/p>\n\n\n\n<p>On pense que les Dogon sont originaires du Mand\u00e9, un territoire situ\u00e9 au sud-ouest de Bamako jusqu\u2019en Guin\u00e9e. Aux XIII\u1d49 et XIV\u1d49 si\u00e8cles, le Mand\u00e9 se trouvait au c\u0153ur de l\u2019Empire mandingue fond\u00e9 par Soundiata Ke\u00efta.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, les Dogon \u00e9taient \u00e0 la fois guerriers et agriculteurs ; ils vivaient en harmonie avec le peuple Mandingo. Au XIV\u1d49 si\u00e8cle, avec l\u2019adoption de l\u2019islam par le royaume du Mand\u00e9, craignant d\u2019\u00eatre convertis de force ou r\u00e9duits en esclavage, les Dogon animistes entam\u00e8rent leur longue migration vers le centre du Mali, traversant le fleuve Niger avant d\u2019atteindre le falaise de Bandiagara.\nAvant leur d\u00e9part, ils consult\u00e8rent la tombe de leur anc\u00eatre pour y trouver un grand serpent Lebe qui les accompagna lors de leur migration, leur montrant le chemin. Les Dogon racontent \u00e9galement qu\u2019ils sign\u00e8rent un pacte avec les p\u00eacheurs Bozo, qui les aid\u00e8rent \u00e0 traverser le fleuve en pirogue.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1-1024x683.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6948\" srcset=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1-300x200.jpeg 300w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1-768x512.jpeg 768w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1-1536x1024.jpeg 1536w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1-458x305.jpeg 458w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/architecture-1-2048x1365-1.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Vue de l\u2019architecture dans le village de Dourou<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La falaise de Bandiagara, o\u00f9 les Dogon se sont install\u00e9s, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e par les Tellem (pygm\u00e9es), qu\u2019ils ont int\u00e9gr\u00e9s ou chass\u00e9s. Il existe quatre groupes dogon : les Douyons, les Arou, les Ono et les Domnon. Ils se partageaient la falaise et le plateau \u00e0 proximit\u00e9 des terres cultivables et des points d\u2019eau pour r\u00e9sister aux agresseurs venus \u00e0 cheval depuis les plaines du sud. Ils ont construit leurs villages en hauteur, dans les rochers.\nPeuple profond\u00e9ment animiste avec des croyances quasi-scientifiques, les Dogon ont longtemps r\u00e9sist\u00e9 aux tentatives d\u2019islamisation des Peuls de Macina. L\u2019islam s\u2019est finalement implant\u00e9 sur la falaise sous l\u2019Empire toucouleur au XIX\u1d49 si\u00e8cle, et aujourd\u2019hui, la majorit\u00e9 de la population pratique l\u2019islam, bien que les pratiques animistes persistent lors des f\u00eates rituelles et des danses masqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous connaissons le peuple Dogon gr\u00e2ce aux travaux de l\u2019ethnologue fran\u00e7ais Marcel Griaule, arriv\u00e9 dans le pays dogon dans les ann\u00e9es 1930. Il s\u2019entretint longuement avec Ogotembeli Dolo, un chasseur initi\u00e9 et aveugle, qui lui transmit les secrets de la cosmogonie dogon. Ces \u00e9l\u00e9ments servirent de base \u00e0 son c\u00e9l\u00e8bre ouvrage.&nbsp;<em>God of Water<\/em>, qui raconte la gen\u00e8se et les croyances du peuple dogon. Amma, le seul Dieu, ma\u00eetre de l\u2019univers, organise le syst\u00e8me solaire, puis enfin la terre. Les Nommo, n\u00e9s de l\u2019union entre Amma et la terre, sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau, source de vie, et servent d\u2019interm\u00e9diaires entre la terre et les cieux. Les Dogon pratiquent la divination en consultant le renard, qui laisse des traces dans un bac de sable, interpr\u00e9t\u00e9es par le pr\u00eatre ou hogon.<\/p>\n\n\n\n<p>Le festival traditionnel de Sigui est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 tous les 60 ans et trouve son origine dans l\u2019apparition de la mort. \u00c0 l\u2019approche de la saison des pluies, le Dama est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 pour assurer une bonne r\u00e9colte.\nLes Dogon sont c\u00e9l\u00e8bres pour leurs danses masqu\u00e9es, r\u00e9alis\u00e9es avec du bois sculpt\u00e9 et des fibres v\u00e9g\u00e9tales. Chaque animal est repr\u00e9sent\u00e9 par un masque et une danse sp\u00e9cifiques. Jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, les danses masqu\u00e9es fun\u00e9raires \u00e9taient des rituels solennels \u00e0 caract\u00e8re spirituel, interdits aux femmes et ex\u00e9cut\u00e9s uniquement pour c\u00e9l\u00e9brer la mort. Aujourd\u2019hui, les masques sont expos\u00e9s lors de festivit\u00e9s populaires, de jours f\u00e9ri\u00e9s, de rassemblements politiques et d\u2019activit\u00e9s touristiques.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"Danse de masques au Pays Dogon\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/367843298?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"640\" height=\"360\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Danse des masques fun\u00e9raires au pays dogon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Chaque grande famille poss\u00e8de un Guina, la maison de l\u2019a\u00een\u00e9. Dans chaque quartier du village, on trouve le Toguna.<em>,<\/em>&nbsp;Il s\u2019agit d\u2019une construction en bois sculpt\u00e9 et en tiges de mil. C\u2019est la maison o\u00f9 les hommes se r\u00e9unissent pour discuter, g\u00e9rer les conflits \u2013 en somme, le tribunal traditionnel local.\nChaque secteur du pays dogon avait son hogon ou chef spirituel, qui transmettait son pouvoir de p\u00e8re en fils. Malheureusement, la majorit\u00e9 de ces pratiques spirituelles animistes tendent \u00e0 dispara\u00eetre avec les jeunes g\u00e9n\u00e9rations et l\u2019adoption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019islam.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Dogon comptaient 500 000 habitants \u00e0 la veille de l\u2019ind\u00e9pendance du Mali, le 22 septembre 1960. Ils occupaient 674 villages. Le pays dogon, ainsi que Djenn\u00e9 et Tombouctou, ont \u00e9t\u00e9 inscrits au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9conomie des villages dogon repose en grande partie sur l\u2019agriculture vivri\u00e8re, organis\u00e9e autour de deux p\u00f4les de production : les cultures s\u00e8ches (millet, sorgho) et le mara\u00eechage (\u00e9chalotes, ail, tomate, pomme de terre). Le mara\u00eechage, cultiv\u00e9 autour de mini-barrages de retenue d\u2019eau et de nombreux puits, occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans l\u2019\u00e9quilibre de la production alimentaire.\nC\u2019est gr\u00e2ce aux ressources g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par ces cultures mara\u00eech\u00e8res, en particulier l\u2019oignon, qu\u2019environ 60 % de la population rurale peut compenser le d\u00e9ficit de production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6951\" srcset=\"https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1-768x576.jpeg 768w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1-458x344.jpeg 458w, https:\/\/museeafrica.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/champs-du-mil2-1-2048x1536-1.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Millet field<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les Dogon sont \u00e9galement des \u00e9leveurs. La r\u00e9gion ne compte plus d\u2019animaux sauvages, mais on y trouve de petits troupeaux de moutons, de ch\u00e8vres et de b\u0153ufs, ces derniers \u00e9tant \u00e9galement utilis\u00e9s pour le travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Les familles dites \u00ab nobles \u00bb sont des agriculteurs, propri\u00e9taires fonciers. Les classes artisanales, compos\u00e9es de forgerons (sculpteurs et potiers), cordonniers (travailleurs du cuir) et tanneurs-teinturiers (textiles indigo et b\u00f2g\u00f2lan), fournissent la majorit\u00e9 des besoins mat\u00e9riels essentiels aux membres de la population.\nAvec l\u2019essor du tourisme dans le pays dogon \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980, plusieurs jeunes se sont lanc\u00e9s comme guides, h\u00f4teliers et restaurateurs afin de compl\u00e9ter les revenus familiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mamoudou Nango, directeur du Centre Indigo Dogon<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"tmnf_excerpt clearfix\"><p>Situ\u00e9 \u00e0 800 km au nord-est de Bamako, la capitale du Mali, \u00e0 120 km de Mopti et \u00e0 45 km de Bandiagara, le pays dogon couvre une superficie de 48 374 km\u00b2.<\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":1,"featured_media":5906,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"gallery","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[14,73],"class_list":["post-1292","post","type-post","status-publish","format-gallery","has-post-thumbnail","hentry","category-musee-africa","tag-activity","tag-tests","post_format-post-format-gallery"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1292"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1292\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10277,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1292\/revisions\/10277"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5906"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/museeafrica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}